Meyrignac L'Église

Blason

Armes des Dubois de Meyrignac

Blason adopté par délibération du conseil municipal le 7 mars 1986.

D’argent à l’arbre de sinople sur une terrasse haussée du même au lion léopardé de gueules passant devant le fût de l’arbre (INSEE n° 19137)

UN PEU D'HISTOIRE

En 885, le village s’appelait Matriniacum, en 1154, Mairinacum, alors qu’en 1107, c’était Mairinhac, pendant la Terreur, ce fut Meyrignac la Montagne, aujourd’hui, c’est Meyrignac l’église pour le différencier de Meyrignac de Bar non loin de là ; on constate que le « a » a disparu au profit du « e », pourquoi ? Bien que constituée de huit lieux habités  (Agnoux, autrefois Ampnho, La Vialle, La Vialle Neuve, la Roubeyrotte, Le Peuch, Salagnac, Miers, La Pépinière) en plus de son bourg, c’est l’une des communes les plus petites et les moins peuplées du département. Elle ne comptait que 46 habitants au recensement de 1999 ; depuis c’est la commune du département qui a connu la plus forte croissance, portant sa population actuelle à 76 habitants au recensement de 2025.

 

Le village primitif, témoins des sarcophages retrouvés dans les années 1960, était situé en hauteur, entre la Vialle Neuve et le Tourondel. En 1632 ou antérieurement, une épidémie de peste ravagea toute la région et le village fût ruiné. Il fût alors abandonné par les survivants qui construisirent l’actuel bourg, en contrebas de la route, sous l’église actuelle, déjà existante. Certains auteurs affirment que le village ou l’église seule fut une dépendance templière, sans preuves formelles. Toutefois, il est certain qu’il a appartenu à la Commanderie maltaise de Carlat, en Auvergne, au XVIème siècle. En 1666, le duc de Ventadour en est le seigneur et perçoit « deux cents cestiers » de blé, seigle de rentes.

L’école fut fermée en 1969. Le bourg a été un des premiers alimentés en électricité dans le canton de Corrèze par une microcentrale créée par le docteur Lafarge vers 1920, tout en conservant son caractère ancien.

ÉGLISE

En 1489, l’église est construite à l’emplacement d’une plus ancienne, datant peut-être des Templiers. Son portail gothique est le seul élément qui subsiste aujourd’hui. Elle fait partie de l’archiprêtré de Vigeois, diocèse de Limoges ; on sait qu’en 1616, elle reçoit 22 livres de rente en grains et agneaux, qu’en 1622, elle est dédiée à sainte Anne et saint Blaise et qu’en 1666, son curé, Jean Besse « la tient en bon état » et touche 350 cestiers seigle de dîme. En 1793, l’église est démolie « tout entière », sauf le portail. C’est en 1894 qu’est édifiée l’actuelle église par monsieur Vialle, maire. Mais elle n’aura plus de curé attitré. L’édifice a été restauré en 1990. Il a servi de décors pour le tournage du film « Le moine et la sorcière » en 1986.

PORTAIL DE L’EGLISE (fin XVème, vers 1489)

Il existe une certaine analogie avec ceux des églises de Chaumeil et Eyrein.
Les colonnes évoqueraient le temple de Jérusalem. Sur les côtés, deux sculptures représentent des lions gardant l’entrée.

ÉLÉMENTS D’UN RETABLE (TABERNACLE et PANNEAUX)

L’église a profité d’un don de la famille Monteil, ancienne propriétaire du château de La Rochette, commune de Pandrignes. Après la désaffection de la chapelle ornée de boiseries sculptées et la vente du château en 1932, la famille fit don à l’église de Meyrignac de ce tabernacle en bois de noyer foncé, autrefois recouvert de peintures polychromes. La date d’utilisation de la chapelle du château, 1643, les ressemblances avec certaines parties du retable de Naves, font que cette réalisation peut être attribuée aux sculpteurs tullois Pierre et Julien Duhamel et donc la dater de la fin du XVIIème ou du début du XVIIIème siècle.

L’ensemble est constitué d’un tabernacle et de trois panneaux indépendants dont deux forment les ailes du tabernacle de forme trapézoïdale. Sur la porte cintrée, le Christ, un manteau sur les épaules, croise les bras sur sa poitrine. Au-dessus, deux anges soutiennent la couronne d’épines. (à Naves ce sont des blasons). Sur les côtés deux panneaux représentent l’Annonciation. Côté gauche, l’Archange Gabriel fait son annonce à Marie, la main droite levée ; côté droit, la Vierge agenouillée devant un prie-Dieu, une main sur le cœur.

Sur le panneau de l’aile gauche, saint Roch tenant son bâton de pèlerin est accompagné de son chien. Un ange, à sa droite, indique du doigt le bubon sur la jambe. Sur le panneau de l’aile droite, un militaire casqué, à cheval, portant un sabre à la ceinture, tenant un bâton de commandement dans la main droite. Le costume d’époque romaine pourrait laisser présager qu’il s’agit de saint Georges alors que la taille réduite du manteau laisserait penser que c’est saint Martin. Le nom de la chapelle où se trouvait le tabernacle pourrait permettre de lever cette énigme.    

CROIX

Une quinzaine de croix jalonnent le territoire de la commune. Une croix très usée se trouve en contrebas de l’église ; est-elle contemporaine de la première ou de sa reconstruction ? Élément de croix nimbée ou ancrée ou bien simplement un bras d’une croix tréflée qui serait présentée à angle droit de sa position normale.

Une autre croix latine, au carrefour de la route d’Auliat avec le chemin d’Agnoux mérite une attention particulière ; récente, elle a été faite dans les années 1990 par le maire, J.C.Imbert, artiste aux multiples talents, sculpteur, auteur, poète, musicien, compositeur. En réalisant le socle dans une meule en granite, il savait que les non-initiés se poseraient beaucoup de questions quant à sa datation et son interprétation.

MAISON « HENRI IV » XVème-XVIème siècle (IMH 07/03/1995) (privé, ne se visite pas)

La date de 1601, sur la grande cheminée du premier étage est peut-être à l’origine du nom « Maison HENRI IV ». La légende y fait dormir le futur roi pendant les guerres de religions qui firent rage ici, le pays étant devenu huguenot pendant quelques temps. Son style architectural est fin XVIème, la partie ouest pouvant remonter à la fin du XVème siècle. Elle comporte un escalier à vis dans le mur ouest. Une tour extérieure avec escalier a été détruite, dans les années 1960, pour élargir la route. On peut la considérer comme ayant été une maison d’octroi, ou de prévôt, pourquoi pas maltaise.

PRESBYTERE ET ARCHE AVEC BLASON XVème-XVIème et XVIIème siècles

En contrebas de l’église, autrefois, il était relié par une passerelle en bois, aujourd’hui disparue. Il fut l’objet de plusieurs rénovations et agrandissements depuis le Moyen-Âge et, en particulier, en 1665, date inscrite sur les linteaux de la porte-fenêtre comportant la devise « In Aeternitati ». La toiture, à quatre pans, a été refaite à un niveau plus bas au XXème siècle. A noter, dans le mur ouest, un escalier à vis et son échauguette à couleuvrinières en losange, fin XVème siècle.

FOURNIL DU PRESBYTERE

L’ancien fournil, daté de 1786, a été rebâti sur un vieux puits fait de grands pans de pierres taillées en courbes. Il a été transformé en forge puis en grange à rouir et tisser le chanvre, après destruction de son four au XIXème siècle. Son toit de lauzes ruiné, a été restauré en chaume de seigle avec « mourines », à l’ancienne. Actuellement, il sert de bureau au dernier propriétaire.

FOUR XIXème siècle

On y cuisait le pain du village. Restauré à la fin du XXème siècle. Il appartient à un propriétaire privé. Chaque année, il est utilisé lors de la Fête du Pain, attraction estivale de fin juillet.

GRANGES A REDANS milieu XVIIème siècle

Celle près de la « maison HENRI IV », en contrebas de la route. Grange à cruck du XVIIème siècle autrefois couverte en chaume dont il subsiste de très beaux vestiges. Sur un linteau la date 1682. Construite en pierres de taille remarquablement appareillées, elle comporte un angle arrondi. La tradition orale veut qu’un prêtre réfractaire ait célébré là, le culte interdit pendant la Révolution. A remarquer aussi l’ensemble puits-fontaine-abreuvoir

Celle à l’autre extrémité du bourg, vient d’être totalement restaurée et transformée (2016) en habitation avec une salle de dojo servant pour la pratique du yoga . Toutes les particularités patrimoniales extérieures ont été conservées. Le toit a été recouvert en chaume.

L'ÉTANG

Créée en 1501 par le prince de Soubise, cette étendue d’eau de17 hectares attire l’été baigneurs (plage en prairie naturelle) et touristes dans un cadre magnifique avec, en toile de fond, le puy d’Agnoux. Au début des années 2000, dans un territoire naturel boisé, un village de vacances avec chalets en dur est venu s’implanter sur la rive nord-ouest renforçant l’attrait touristique.

étang Meyrignac l'Église

CHÂTEAU DE SALAGNAC (privé, ne se visite pas)

Jean Salaignac, médecin dans la commune aurait fait édifier la première partie du bâtiment vers 1575/1600. Plafonds à double poutraison, vaste cuisine, sol dallé de larges pierres, cantou, four à pâtisserie, bassière, étagères en pierres subsistent encore. Après la Révolution, une partie de la toiture aurait brulée ; à l’époque, il a été restauré dans le style XVIIIème siècle, qui est le sien aujourd’hui. Le château s’ouvre au sud sur une cour carrée ceinte de colonnes de pierre et de deux bâtiments, une salle des bugeadières (lavandières) et une chapelle consacrée en 1802 à saint Barthélémy. En 1988, changement de propriétaire et réhabilitation du domaine.

LES CABANES DE SALAGNAC

Dans un domaine privé de 40 hectares de forêts et clairières, six cabanes, avec le dernier confort, perchées sur pilotis ont été aménagées pour vivre une expérience unique de déconnexion. Une opération d’extension du site touristique portée par un opérateur privé est en cours.

MICROCENTRALE

Avant la première guerre mondiale, le docteur Lafarge avait décidé d’utiliser une partie de l’eau de l’étang pour produire de l’électricité afin d’alimenter le bourg et ses fermiers. Après l’autorisation préfectorale, il commande en 1913, le matériel nécessaire. La déclaration de guerre arrête les travaux, le matériel est stocké dans une grange et ce n’est qu’à la fin de la guerre que les travaux pourront reprendre. En 1920, la centrale produira sa première électricité et ce jusqu’en 1970. En 2006, monsieur LOYAU remet la centrale en service ; ses caractéristiques, 47m de chute d’eau, débit 20l/s, puissance 6kw.